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poezja polska po francusku - cz. II

06.05.05, 23:55
HALINA POSWIATOWSKA


Je te souris. Qu'est-ce qu'un sourire?
Une lumière envoyée à une étoile par une étoile.
Une odeur qui lie les herbes en prairie bourdonnante.
Une douce couleur la couleur verte de mes yeux s'emmêle dans tes doigts.
Tu tiens dans ta main le corps tout chuchotant de la
prairie.
Le contour de l'herbe étroit et âpre raconte mes yeux qui
regardent à l'infini.
Tu me souris.

......................................................
hier j'écrivais des poèmes
comme je distribue aujourd'hui les baisers
mes baisers sont moins chers
mes poèmes de plus en plus rares

maintenant j'écris des poèmes seulement
quand la couleur d'une fleur me blesse
ou lorsqu'une chauve-souris
dans son vol nocturne frôle ma joue

j'embrasse en toute saison
j'embrasse des étudiants des médecins
des poètes rencontrés au hasard

ensuite ils en font des poèmes
comme moi je distribue les baisers
par poignées à l'étourdie à la hâte

...................................................

mon Dieu aie Pitié de moi
pourquoi m'as-tu créée à la dissemblance
des pierres dures

je suis emplie de tes mystères
je change l'eau en vin du désir
le vin - je le change en flamme de sang

Dieu de ma douleur
d'un souffle de satin habille
le nid vide de mon coeur

doucement - sans froisser les ailes
insuffle en moi l'oiseau
dont la voix argentine est tendresse

.......................................................

toutes les fois que le veux vivre je crie
quand la vie me quitte
je me colle à elle
je lui dis - vie
ne t'en va pas encore

sa main chaude dans la mienne
mes lèvres à son oreille
je chuchote

vie
- comme si la vie était quelqu'un qu'on aime
et qui veut partir -

je me pends à son cou
je crie

je mourrai si tu pars

.................................................

LEOPOLD STAFF

La Mere (Matka)

Au crépuscule pres de la fenetre
La mere rythme du pied le va-et-vient
Du berceau, dans lequel l’enfant dort.

Mais il n’y a plus de berceau,
Mais il n’y a plus d’enfant.
Il est parti parmi les ombres.
La mere est assise seule au crépuscule,
Berçant du pied un souvenir.

.................................................
Aimer et perdre (Kochać i tracić)

Aimer et perdre, désirer et regretter,
Tomber douloureusement, a nouveau se relever,
Crier a l’ennui « va-t-en ! », supplier « conduis-moi ! »
C’est la la vie: rien et tout a la fois…

Parcourir le désert pour un seul joyau,
Plonger pour une perle d’une merveilleuse beauté,
Pour qu’aprčs nous puissent seuls subsister
Des traces sur le sable et des ronds dans l’eau.

..........................................................
Crépuscule (Zmierzch)

Dans le champ ou les chemins se croisent,
Prčs du mur qui en deux s’effondra,
Une croix simple et ordinaire se dresse,
Telle celle du mont Golgotha.

Les épaules déployées
Elle parle avec un désespoir muet.
De noires corneilles l’ont recouverte,
Secouant leurs plumes et croassant.

Au-dessus vogue une nuée de nuages bas
En un haillon de deuil bleuâtre.
Chaque jour au crépuscule
Avec Marie et Jean je me tiens la.
Edytor zaawansowany
  • reine_marguerite 07.05.05, 12:09
    Norwid - Moja piosnka (I)

    MA CHANSON [I]
    POL. — I'll speak to him again.
    What do you. read, my lord ?...
    HAM. — Words, words, words !
    Shakespeare
    Mal, mal, toujours et partout,
    Ce fil noir se tisse ;
    Devant et derrière moi et à mes côtés,
    Il est dans chaque soupir,
    Dans chaque sourire,
    Dans chaque larme, dans ma prière et ma chanson.

    *
    Je ne le romprai pas, car il est fort,
    Peut-être sacré, encore que faillible,
    Ou simplement je ne veux pas le rompre ;
    Mais partout, oui, partout
    Où je serai, il sera :
    Ici, il s'installe dans mon livre ouvert,
    Là, dans un bouquet de fleurs,
    Là encore, il s'enroule étroitement,
    Comme dans les prés d'automne, le fil de la Vierge,
    Et progressivement il s'évanouit,
    Pour se reformer à nouveau
    Et repousser à nouveau en anneaux.

    *
    Et pourtant, sans me plaindre comme un enfant,
    Je saurai, un jour, m'en libérer.
    Qu'on me tende la coupe et la couronne !
    Je la pose sur mon front,
    Je lève mon verre, et tout autour
    On se dit l'un à l'autre : Un fou !

    *
    Aussi, pour demander conseil,
    Je porte ma main à mon cœur,
    Mais, soudain ma droite se refroidit :
    Eux, à haute voix, se mettent à rire,
    Je reste sans main,
    Un lacet noir serre ma droite…

    *
    Mal, mal, toujours et partout,
    Ce fil noir se tisse ;
    Devant et derrière moi et à mes côtés,
    Il est dans chaque soupir,
    Dans chaque sourire,
    Dans chaque larme, dans ma prière et ma chanson.

    *
    Et pourtant, sans me plaindre comme un enfant,
    Je saurai, un jour, me libérer :
    Ne m'abandonne pas, ô luth aux cordes d'or !
    C'est la Muse de Czarnolas que je veux,
    Celle-là, oui, guérira mon cœur !
    Je me mets à jouer…
    … et je suis plus triste encore !

    Écrit à Florence, en 1844.

  • reine_marguerite 07.05.05, 12:10
    Norwid - Moja piosnka (II) [Do kraju tego...]

    MA CHANSON [II]

    Après ce pays où l'on ramasse à terre
    La moindre miette de pain, par respect
    Des dons du Ciel…
    Je languis, Seigneur…

    *
    Après le pays où c'est une faute grave
    De détruire, sur le poirier, un nid de cigogne,
    Car elles servent à tous…
    Je languis, Seigneur…

    *
    Après le pays où la première salutation
    Est comme l'éternelle confession du Christ :
    « Sois loué ! »
    Je languis, Seigneur…

    *
    Je languis aussi pour un autre objet
    Qui loge je ne sais plus où,
    Tout aussi innocent…
    Je languis, Seigneur…

    *
    Après ceux sans langueur, sans raisonnement,
    Ceux pour qui oui est oui,-non est non
    Sans demi-ton…
    Je languis, Seigneur…

    *
    Je languis parfois, mais qui donc tient à moi ?
    Il doit en être ainsi, bien que cela n'arrivera pas
    À mon amitié !
    Je languis, Seigneur…

    [1854]

  • reine_marguerite 07.05.05, 12:13
    Norwid - Bema pamięci żałobny rapsod


    RAPSODIE FUNÈBRE À LA MÉMOIRE DE BEM
    … Iusiurandum patri datum usque ad
    hanc diem ita servavi…
    A n n i b a l

    I

    Pourquoi t'en vas-tu, Ombre, les bras brisés sur la cuirasse,
    Parmi les torches étincelantes près de tes genoux ?
    Ton sabre couvert de lauriers et inondé des pleurs des cierges,
    Le faucon s'élance, ton cheval lève pied, comme pour la danse.
    — Les étendards battent au vent, l'un contre l'autre,
    Comme des tentes mobiles d'une armée, campant au firmament.
    Les longs clairons sanglotent et les enseignes,
    Leurs ailes rabattues, saluent d'en haut, pareilles aux
    Dragons, salamandres, oiseaux, percés de lances…
    Comme tant de projets que tu traquais de tes lances…

    II

    Suivent les pleureuses en deuil, les unes bras levés
    Avec des gerbes odorantes que le vent déchire là-haut,
    D'autres cueillant, en une conque, la larme qui tombe du visage,
    D'autres, cherchant la route, tracée depuis des siècles,
    D'autres brisant au sol d'énormes urnes d'argile,
    Dont le bruit de cassure ajoute encore au deuil.

    III

    Les gars frappent des haches, bleuies par le ciel,
    Les gens de service, des boucliers roussis par la lumière,
    Un énorme drapeau qui flotte dans la fumée, s'appuie,
    Dirait-on, par la pointe de sa hampe, à la voûte du ciel.

    IV

    Ils entrent dans le ravin, s'enfoncent… et sortent dans la clarté de la lune
    — Noir dessin au ciel, une lueur froide les frôle
    Et luit sur les lames, comme une étoile qui ne peut tomber ;
    Le chœur soudain se tait et à nouveau émerge comme une vague…

    V

    En avant, en avant — et, quand il faudra rouler dans la tombe,
    Et voir le gouffre noir qui guette derrière la route,
    Et que l'Humanité ne saura jamais franchir ;
    Nous élancerons ton cheval d'une lance comme d'un vieil éperon.

    VI

    Nous entraînerons le convoi, attristant les cités endormies,
    De nos urnes frappant aux portes, sifflant dans les brèches des haches,
    Jusqu'à ce que s'écroulent, comme des poutres, les murailles de Jéricho,
    Que les cœurs alanguis se réveillent, que les nations balaient les moisissures
    de leurs yeux.
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    En avant ! en avant !

    [1851]




  • reine_marguerite 07.05.05, 12:16
    Norwid - Fortepian Szopena

    LE PIANO DE CHOPIN

    À Antoine C.........
    La musique est une chose étrange !
    Byron

    L'art ?… c'est l'art — et puis, voilà tout.
    Béranger

    I

    J'étais chez Toi en ces jours ultimes
    Du fil à son terme — —
    — Dans leur plénitude de mythe,
    Pâles comme l'aube…
    — Quand le terme de la vie chuchote à son début :
    « Je ne te détruirai pas, moi, non, je t'édifierai ! »

    II

    J'étais chez Toi, en ces jours avant-derniers,
    Quand peu à peu d'un instant à l'autre, tu ressemblais
    À la lyre abandonnée par Orphée,
    Où l'élan-force rivalise avec le chant,
    Où parlent entre elles les quatre cordes,
    En se heurtant
    Par deux, — par deux —
    En chuchotant très bas :
    « A-t-il donc commencé, Lui,
    À marteler le ton ?…
    Est-ce un tel Maître !… qu'il joue… tout en repoussant ?… »

    III

    J'étais chez Toi, ces jours-là, Frédéric !
    Toi, dont la main, par sa blancheur
    D'albâtre, et sa prise, et son élégance,
    Et ses attouchements ondoyants de plume d'autruche,
    Se confondait dans mes yeux avec le clavier
    D'ivoire…
    Et tu étais pareil à cette figure que
    Du sein des marbres,
    Avant qu'on ne les taille,
    Fait sortir le ciseau
    Du génie, — éternel Pygmalion !

    IV

    Et dans ce que tu jouais et ce que dit et dira
    Le ton, même si les échos s'arrangeaient autrement
    Lorsque tu bénissais toi-même de ta main
    Tout accord, —
    Et, en ce que tu jouais, il y avait la simplicité
    De la perfection périclésienne,
    Comme si quelque vertu antique
    Entrant dans ton manoir de mélèze,
    À la campagne, se disait :
    « Je renais au Ciel
    Et la porte me devient une harpe,
    Et le sentier, un ruban…
    À travers le blé pâle, je vois l'Hostie,
    L'Emmanuel habite déjà
    Sur le Thabor ! »

    V

    Et la Pologne était là, au zénith
    De la toute perfection des temps,
    Ravie dans un arc-en-ciel d'extase — —
    La Pologne des Charrons transfigurés,
    La toute pareille,
    Or et abeille…
    (Je te l'aurais reconnue aux confins de l'être !…wink

    VI

    Et voilà que tu achèves ton chant, et plus jamais
    Je ne te verrai ; j'entends seulement
    Quelque chose… comme une querelle d'enfants…
    Ce sont les touches du clavier qui se disputent
    Pour un désir inassouvi,
    Et, se heurtant sans bruit
    Par huit, — par cinq, —
    Chuchotent : « Se met-il à jouer ? ou nous repousse-t-il ? … »

    VII

    Ô toi, qui es profil de l'Amour,
    Qui as pour le nom : Accomplissement ;
    Ce qu'en art on nomme Style,
    Car il pénètre le chant, façonne la pierre…
    Ô toi ! qu'en Histoire on appelle Ère
    Et là où l'histoire est sans zénith,
    Tu t'appelles à la fois : Esprit et Lettre,
    Et « Consummatum est » …
    Ô toi! — Parfait-Accomplissement,
    Quel que soit et où que soit… ton signe,
    En Phidias ? en David ? ou en Chopin ?
    Ou dans une scène d'Eschyle ?…
    Toujours se vengera sur toi l'INACHEVÉ !…
    Le stigmate de ce globe est l'Insuffisance :
    L'Achèvement lui est souffrance…
    Il préfère recommencer,
    Il préfère sans cesse verser des acomptes !
    L'épi ?… quand il est mûr comme une comète d'or,
    À peine un souffle l'effleure-t-il,
    Qu'il sème une pluie de grains de blé,
    La perfection l'émiette elle-même !

    VIII

    Voilà… regarde, Frédéric !… c'est Varsovie,
    Sous l'astre rayonnant,
    Étrangement brillante.
    Regarde ! les orgues de la cathédrale, vois ! ton berceau,
    Et là, les maisons patriciennes, aussi vieilles
    Que la République,
    Les pavés des places, sourds et gris,
    Et le glaive de Sigismond, dans les nues.

    IX

    Regarde !… De ruelle en ruelle
    Des chevaux du Caucase se ruent,
    Comme, avant l'orage, les hirondelles,
    Filant par devant les régiments
    Par cent, — par cent —
    L'édifice prend feu, puis s'éteint,
    S'embrase à nouveau, et voici que, contre le mur,
    Je vois des fronts de veuves en deuil,
    Poussées par des crosses…
    Et de nouveau je vois, bien qu'aveuglé de fumée,
    Que, par les piliers du balcon
    On hisse… un objet pareil à un cercueil,
    Qui tombe… qui tombe — Ton piano !

    X

    Lui, qui chanta la Pologne au zénith
    De la Toute-Perfection des Temps,
    Ravie dans un hymne d'extase,
    La Pologne des Charrons Transfigurés,
    Le même, là, qui tombe sur les pavés de granit !
    Et, telle une noble pensée d'homme
    Le voilà maltraité par la rage des hommes,
    Ou, comme tout ce qui
    Depuis l'éternité, réveille !
    Et tel le corps d'Orphée,
    Mille Passions le déchirent en pièces ;
    Et chacune hurle : « Ce n'est pas moi !…
    Pas moi ! », en grinçant des dents — —

    *

    Mais toi ? et moi ? — Entonnons le chant du jugement,
    En criant : « Réjouis-toi, tardif héritier !
    Les pierres sourdes gémirent :
    L'idéal a atteint le pavé. »


    [1865]







  • reine_marguerite 07.05.05, 12:30
    Rozne - m.in. Galczynski, Tuwim, Bialoszewski, Poswiatowska, Iwaszkiewicz,
    Konopnicka, Illakowiczowna...

    aldona.free.fr/zique/paroles_disque.doc

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