Tak sobie czytam, i w sumie sa rzeczy, ktore mnie nie zupelnie przekonuja. No, ale w zwiazku z tym,
ze czesc z Panstwa nie czyta lewackich gazet, to cytuje by sie podzielic
La voix "tr?s déviante" d'Alain Finkielkraut au quotidien "Haaretz"
LE MONDE | 23.11.05 | 14h46
n voudrait réduire les émeutes des banlieues ? leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes
contre la discrimination et le chômage. Le probl?me est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une
identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas
aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire ? une révolte ? caract?re ethnico-religieux." Tel est le
point de vue du philosophe Alain Finkielkraut, qu'il développe dans une longue interview au
quotidien israélien Haaretz du 18 novembre.
Le journal le présente comme "une voix tr?s déviante, d'abord parce que ces propos ne sortent pas
de la bouche de Jean-Marie Le Pen". La crise des cités est-elle une réaction au racisme dont sont
victimes les Arabes et les Noirs ?, lui demande le quotidien. "Je ne le pense pas, répond le
philosophe. (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur.
(...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe." Voir dans les
émeutes "une réponse au racisme français, c'est ?tre aveugle ? une haine plus large : celle de
l'Occident" qui anime, selon lui, les jeunes banlieusards.
"On a peur du langage de vérité. Pour des raisons nobles, on préf?re dire "jeunes" que "noirs" ou
"arabes", dit-il. "Je n'ai pas parlé d'intifada des banlieues. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi
envoient en premi?re ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes
devant parce qu'on ne peut pas les mettre en prison.(...) Il s'agit d'un pogrom antirépublicain : il y a
en France des gens qui ha?ssent la République."
Pour quelle raison ? "Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale",
répond M. Finkielkraut. "Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai
patron de l'antisémitisme, et non le Front national. Mais au lieu de combattre son discours, on fait
précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'esclavage.
Désormais, on enseigne qu'ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait
éduquer et amener la culture aux sauvages." Rappelant que son p?re fut déporté de France ?
Auschwitz, il ajoute : " Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien. A mon p?re, il a fait subir cinq
ans d'enfer. Pourtant, je n'ai jamais été éduqué dans la haine. Or celle des Noirs (contre la France) est
pire encore que celle des Arabes."
Les journalistes notent que beaucoup d'enfants d'immigrés ne se sentent pas respectés comme
français. Réponse : "Ils disent : "Je ne suis pas français, je vis en France et en plus ma situation
économique est difficile." Mais personne ne les retient ici de force." Quant aux motivations des
jeunes des cités, elles n'ont aucun lien avec l'emploi, selon lui. Que veulent-ils ? "C'est simple :
l'argent, les marques et, parfois, les filles." Certes, reconnaît-il, "il existe des Français racistes, qui
n'aiment pas les Arabes et les Noirs". "Ils les aimeront encore moins en prenant conscience de
combien ceux-ci les ha?ssent (...) Imaginons que vous gérez un restaurant. Un jeune vous demande
un emploi. Il a l'accent des banlieues. C'est simple : vous ne l'engagerez pas, c'est impossible." Voil?,
se désole-t-il, "des propos de bon sens", mais, dans la France actuelle, "on leur préf?re le mythe du
"racisme français"". Et de conclure : "L'antiracisme sera au XXIe si?cle ce que fut le communisme au
XXe."
Sylvain Cypel
Article paru dans l'édition du 24.11.05