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30.09.03, 15:36
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Centre for Research on Globalisation
Centre de recherche sur la mondialisation
Wesley Clark fera-t-il demain
le contraire de ce qu’il a fait hier ?
Amérique latine, Yougoslavie, Chine et quelques autres cibles …
par Michel Collon
www.globalresearch.ca 29 September 2003
The URL of this article is: http://globalresearch.ca/articles/COL309B.html
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Wesley Clark, un espoir face à ‘Bush bis’ ? Nous verrons plus loin pourquoi
certains milieux dirigeants aux USA envisagent de “changer de cheval”. Mais,
d’abord, pourquoi ne dit-on rien de son passé ? Oui, on peut voter pour
Wesley Clark, à condition d’oublier que...
AMERIQUE LATINE (96-97)
Installé à Panama pour commander l’ ”US Southern Command” c’est-à-dire les
opérations en Amérique latine, Clark fournit en grand nombre
des “conseillers” militaires et des mercenaires US à divers régimes
pratiquant la terreur. Durant cette période, les violations des droits de
l’homme connaissent une escalade impressionnante, par exemple en Colombie :
2.400 assassinats politiques (sans compter les nombreuses disparitions)
commis par les groupes militaires et paramilitaires armés, entraînés et aidés
par Wesley Clark.
Objectif : dans la lignée des agressions contre le Chili, Cuba et tant
d’autres, il s’agit de combattre avec sauvagerie les mouvements de libération
en Colombie, Pérou, Guatemala, Mexique et Bolivie. Toujours pour maintenir la
mainmise économique des multinationales US sur l’Amérique Latine. Que ces
guerres se soient déroulées plutôt loin des caméras, ne diminue pas la
responsabilité de Clark.
[http://www.law.northwestern.edu/depts/clinic/ihr/display_details.cfm?
ID=120&document_type=commentary] [http://www.nato.int/cv/saceur/clark.htm]
YOUGOSLAVIE (1999) :
La guerre contre la Yougoslavie ? Certains y voient une opération humanitaire
dont les buts réels correspondaient aux buts proclamés. Pour d’autres, au
contraire, ce fut une opération hypocrite visant à faire main basse sur les
routes balkaniques du pétrole et sur les richesses du pays en éliminant
l’autogestion et les acquis sociaux du “socialisme à la yougoslave”. Il
semble que Clark lui-même ait répondu à cette question en tirant le bilan
suivant, à la fin de son mandat : “Les adversaires potentiels devraient
reconnaître que les nations occidentales sont pleinement capables
militairement, diplomatiquement et industriellement d’opérations de combat de
haute intensité incluant l’utilisation de forces terrestres, quand leurs
intérêts vitaux sont impliqués, et même quand des intérêts moins vitaux sont
impliqués.” Plus aucune mention des prétextes humanitaires abondamment
invoqués avant et pendant la guerre. (Interview IHT, 3 mai 2000)
Quoi qu’il en soit, les crimes commis durant cette guerre par l’Otan,
sous le commandement de Wesley Clark, sont indéniables. Même s’ils ne seront
jamais jugés parce que la Justice internationale n’existe pas contre les
puissants.
Quels crimes ? S’il a atteint un nombre ridicule de chars yougoslaves, Clark
a bombardé un bâtiment de la TV (16 journalistes et techniciens tués), des
usines, des complexes pétrochimlques (d’où explosion de cancers et autres
maladies) des infrastructures civiles (centrales électriques), un convoi de
réfugiés albanais qui retournait au Kosovo (70 victimes), un train de
voyageurs... Et, last but not least, l’ambassade chinoise (3 victimes) à
titre “d’avertissement” car Pékin soutenait l’indépendance de la Yougoslavie.
Et l’usage de “bombes à fragmentation”, meurtrières à long terme pour les
enfants. Et celui des obus à uranium dit “appauvri”, polluant la région à
très long terme. Le capitaine espagnol Martin de la Hoz a protesté
ouvertement contre le bombardement délibéré d’objectifs civils (Articulo 20,
Madrid, 14 juin 99).
Loin d’être un simple “soldat obéissant”, Clark est décrit par tous comme
le “super-faucon” qui voulait notamment bombarder tous les ponts de Belgrade
pour intimider la population. Cela se voit aussi à son attitude juste après
la guerre : lorsque des troupes russes font mouvement vers Pristina pour
essayer de protéger les minorités serbes, Wesley Clark, dans une colère
monstre, exige que le général britannique Jackson bloque l’aéroport de
Pristina pour empêcher les Russes d’atterrir. Réponse de Jackson : “Sir, je
ne vais pas déclencher la IIIème Guerre mondiale pour vous!”. Par la suite,
Clark aidera les milices terroristes de l’UCK à échapper à la
démilitarisation pourtant prévue par la résolution de l’ONU. Aujourd’hui,
encore ces milices maffieuses font régner la terreur parmi toutes les
communautés nationales et aussi une grande partie de la population albanaise.
IRAK (2003) :
Aujourd’hui que Bush s’empêtre face à la résistance du peuple irakien, Wesley
Clark fanfaronne : “Je l’avais bien dit”. Et, par électoralisme, il cherche
même à se donner une image “anti-guerre”. Mais que déclarait-il avant la
guerre ? “Je suis catégoriquement certain que Saddam possède des armes de
destruction massive” (CNN, 18 janvier 01).
Et qu’écrivait-il exactement le 10 avril dernier ? Eh bien, il saluait
l’agression contre l’Irak, motivée selon lui par “de fortes convictions, Bush
et Blair peuvent être fiers de leur détermination.” Jugeant que “rien ne
pouvait être plus émouvant” que la “libération” de Bagdad et qu’il fallait se
dépêcher de “compléter cette grande victoire”. Il applaudissait ausi le
général Tommy Franks : un criminel de guerre coupable d’avoir ordonné ou
couvert des bombardement sur des civils, des attaques contre des hôpitaux et
des ambulances, contre des journalistes...
Et l’ “homme de paix” Clark annonçait que “l’opération en Irak servira
aussi comme point de départ (...) même d’actions militaires contre des pays
qui ont soutenu le terrorisme et ont déployé des armes de destruction
massive”. Une tribune que Bush aurait pratiquement pu signer (publiée dans le
Times de Londres).
ET DEMAIN LA CHINE ET ... ?
Pourquoi Clark grimpe-t-il ? Parce que les échecs de la méthode Bush
commencent à inquiéter une partie des milieux dirigeants aux Etats-Unis. Ils
craignent qu’en se mettant tous les alliés à dos, il devienne de plus en plus
difficile et coûteux de mener les diverses guerres d’agression en
préparation. En fait, les divers courants de la bourgeoisie US sont bien
d’accord sur un plan de recolonisation totale du monde pour sauver les
multinationales US de la crise. Mais ces fractions divergent parfois sur les
méthodes : En partageant un peu le butin avec les alliés européens ou pas ?
En respectant ou non un semblant de légalité internationale ?
Si Bush venait à être trop discrédité par les résistances, par ses
mensonges, par les scandales, et par la faillite de sa politique économique,
alors il faudrait un homme de rechange pour mener la même politique mais plus
habilement.
L’épisode Clark montre que la superpuissance US