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POLOGNE - Prouesses diplomatiques

13.05.03, 19:18
POLOGNE

Prouesses diplomatiques

Varsovie s'apprête à participer à la force de stabilisation en Irak, mais
reste partagé entre son soutien aux Etats-Unis et son attachement à l'Europe.

“Une ‘zone polonaise’ en Irak n’est pas plus ridicule que la zone
d’occupation française en Allemagne que de Gaulle avait obtenue des
Américains et elle n’est pas, contrairement à la fameuse “lettre des Huit”,
dirigée contre l’Union européenne”, considère Klaus Bachmann, autrichien
d’origine et polonais de coeur, dans les pages du quotidien
conservateur “Rzeczpospolita”. Voilà une bonne réplique à la petite phrase du
président Chirac, qu’on n’a pas oubliée en Pologne… Si la majorité des
Polonais ont été opposés à la guerre, les sentiments antiaméricains n’ont pas
triomphé pour autant, bien au contraire, et le fait que les Etats-Unis
accordent une “zone d’occupation” à la Pologne en Irak semble couler de
source. Les unités antiterroristes GROM n’ont-elles pas combattu aux côtés
des GI ?… “Tout laisse croire que la Pologne va prendre une zone qui s’étend
du nord de Bassorah jusqu’au sud de Bagdad. Environ 1 500 soldats polonais
vont être dépêchés sur place. Le coût : 90 millions de dollars par an. Reste
à les trouver”, révèle le plus grand quotidien du pays “Gazeta Wyborcza”,
dirigé par le célèbre ex-dissident Adam Michnik.

“Evidemment, cette zone ne va pas s’appeler ‘zone d’occupation’, mais portera
le nom de ‘zone de stabilisation’ ou ‘de reconstruction’”, explique
l’hebdomadaire “Polityka”, avant d’avertir : “Le plus dur reste à faire, il
faut en prendre conscience.” La Pologne compte visiblement sur les retombées
économiques de la reconstruction de l’Irak, et “les Polonais pourraient
bénéficier de la bonne réputation dont ils jouissent dans ce pays, qui
remonte à l’époque où ils ont construit les autoroutes”, poursuit “Polityka”,
avant de conclure : “Mais, face à toutes les difficultés (chaos, insécurité,
aide humanitaire insuffisante et chômage), ce dont l’Irak a le plus besoin,
ce n’est pas de gouverneurs militaires, mais de spécialistes civils.”

Associer les forces européennes

Justement, le quotidien “Trybuna”, proche de l’Alliance de la gauche
démocratique (anciens communistes) aujourd’hui au pouvoir, avance le nom de
l’économiste Marek Belka, pressenti pour représenter la Pologne au Bureau de
la reconstruction et de l’aide humanitaire en Irak. Cet ancien conseiller du
gouvernement albanais après la chute du communisme se dit prêt à faire
profiter de son expérience un pays aussi ravagé que l’Irak. “Certainement,
nous n’allons pas concurrencer les Américains dans la remise en état des
canalisations à Bagdad”, dit-il, tout en soulignant la nécessité d’un effort
international. “Pas question d’appliquer des recettes toutes faites. Nous
voulons faire appel aux experts et à l’expérience d’autres pays, y compris
les pays européens.”

L’internationalisation de l’après-guerre en Irak a également été abordée
pendant la visite à Washington du ministre des Affaires étrangères polonais,
Wlodzimierz Cimoszewicz. “Nous tenons particulièrement à la présence des
forces européennes, car celle-ci n’aurait pas des conséquences positives
uniquement en Irak, mais contribuerait à améliorer le climat en Europe”, a
déclaré le ministre, cité dans les pages du quotidien “Rzeczpospolita”. “Il y
aurait moins d’émotion et moins de critiques pas très intelligentes à
l’adresse de la Pologne.” Le ministre a par ailleurs exprimé le souhait de
voir la force de stabilisation agir dans le cadre d’un mandat de l’ONU. “Dans
un avenir très proche, des initiatives allant dans ce sens seront à l’ordre
du jour”, a-t-il ajouté. La diplomatie polonaise tente ainsi de désamorcer
une situation délicate vis-à-vis de certains de ses partenaires européens, la
France et l’Allemagne en particulier. Le rapprochement entre ces deux pays et
la Pologne a été au coeur du sommet qui a réuni les trois chefs d’Etat,
vendredi 9 mai, à Wroclaw. Pour sa part, l’hebdomadaire “Wprost” reste
sceptique : “On a intérêt à faire nos preuves ! Tous ceux qui étaient contre
l’intervention en Irak vont nous surveiller. Si ça foire, nous allons nous
ridiculiser, surtout en Europe.”
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